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«Buis»

Bonjour

Le buis constitue encore pour certains une image vieillotte et surannée. Mais un retour aux valeurs essentielles a réhabilité cet humble arbuste qui demeurera toujours l'ossature des jardins; même des plus prestigieux.

WSToujours du vent et de la tempête. On va en profiter pour parler des arbrisseaux qui composent nos haies. Sur la photo un buis parmi les plus gros de mon jardin voisine sans dommage avec des troènes dorés taillés en boule.
Le buis est l’arbrisseau bien connu mis à contribution le dimanche des Rameaux. Autrefois (il y a 50ans), les enfants des villages (les enfants de cœur) passaient dans chaque maison pour collecter le buis auprès des propriétaires qui en possédaient. Pratiquement toutes les fermes, toutes les maisonnettes en possédaient. Donc les enfants ramassaient le buis , le samedi précédent les Rameaux, au moyen d’une petite remorque à lait, que l’on nommait bannette, et venaient le déposer dans l’Église du village. Le dimanche des Rameaux, le curé au cours de l’office, bénissait un tas de branches de buis, souvent très important .Nombreux étaient les fidèles ce dimanche là ; afin de récupérer leur petits rameaux de buis bénis. C’est dire l’importance que la population accordait à cette pratique, cette tradition, cette dévotion ; que certains ne manquaient pas de railler en la taxant de superstition. Les gens en mettait partout ; dans les maisons, les étables, les écuries, etc. etc. Il faut dire qu’à l’époque les compagnies d’assurance ne faisaient pas grandes recettes dans ces petites bourgades ; pauvreté oblige. Cela ne coutait rien de disposer ces rameaux aux endroits stratégiques pour se protéger de la foudre, des tempêtes, des maladies, des incendies et des accidents. On n‘y croyait ou n’y croyait qu’à demi, mais c’était la tradition. Et l’après-midi du dimanche des Rameaux les enfants de cœur rapportaient les rameaux de buis aux habitants qui n’avaient pu se déplacer ;à cette époque il y avait énormément de travail dans les fermes, même le dimanche. En échange les enfants recevaient quelques piécettes pour leur peine, car les hameaux étaient souvent forts distants de l’Église. La plupart du temps les habitants se montraient forts généreux. Malheureusement tout a changé ; le temps a passé ; la ferveur des villageois a beaucoup diminué ; les vocations d’enfant cœur se sont raréfiés ; la tradition s’est perdu ; le besoin de protection, s'est fait moins sentir. Les massifs et les haies de buis ont été délaissés, voire arrachés. Le thuya a fait son apparition pour remplacer les murs de clôtures dans les habitations nouvelles ; le buis fut relégué dans les quelques parcs de châteaux ou de grandes demeures bourgeoises, avec une image passéiste et désuète. Le thuya, quant à lui, véhiculant une image plus moderne, devint très à la mode. Il poussait beaucoup plus vite que le buis. Pratique pour avoir une haie rapidement .Ensuite les gens se sont enfermés derrière leurs haies de thuyas ; se sont progressivement désintéressés de la vie du village ; se sont détournés de leurs voisins. Bref, difficile pour les enfants, quand ils doivent solliciter les habitants pour quelques menues ventes à l’occasion des fêtes et des cérémonies du village, au profit de quelques causes caritatives et généreuses ; difficile, donc, dans de nombreux cas, qu’on face un accueil favorable à la modeste requête de ces enfants. Il reste, encore, heureusement, des demeures où l’on ouvre grand les portails. Et puis le buis a été remis à la mode ; taillé de diverses formes ; un art que l’on nomme topiaire ; il orne, maintenant, de nombreux jardins en apportant des formes très diverses, parfois chargés de mélancolie, souvent empreintes de nostalgie. Le thuya, lui, est tombé en disgrâce, bien qu’encore très présent partout. Ce sont les écologistes qui ont provoqué son déclin dans les esprits au profit des haies champêtres. Ils ont même parlé de « béton vert » à son endroit. En fait, le thuya est aussi victime d’un parasite, le bupreste, qui provoque le dessèchement de son feuillage, dans les départements du sud. Cette calamité progressant lentement vers le nord, certes, mais surement. On peut espérer que le retour vers ces recettes du passé (toutes ne sont pas bonnes à garder) permettra de remettre un peu de sociabilité dans nos cités. Que nos concitoyens se cacheront moins derrière leurs murailles de conifères toujours verts.
Atrovirens Occidentalis…..

Au pied de ce grand sapin un buis panaché coule des jours heureux, loin de toute pyrale. Ce buis panaché pousse encore moins vite que les buis ordinaires. Issu d'une bouture d'un plant chipé dans une jardinerie, il a mis plus de 10 années pour atteindre cette taille. Bonne nouvelle, à l'automne dernier, j'avais fait plusieurs boutures de ce personnage. Elles ont toutes réussi.

«Ribes & Buis»

Le buis  défraie la chronique depuis quelques années Les buis sont ravagés  par la pyrale du buis; même dans les jardins les plus prestigieux. La nuit dans les phares ont peut remarquer ces papillons blancs qui évolue par centaines. Cet insecte n'a pas encore rencontré son prédateur. Trop souvent les buis sont durablement endommagés. Il faut alors les arracher et les remplacer par d'autres essences. J'ai dans mon jardin quelques exemplaires de loniceras traités en isolés. Cet arbuste pousse beaucoup plus vite que les buis. Au cas où la pyrale serait revenu détruire mes buis, je pourrais alors remplacer ces arbustes en bouturant des loniceras. Vaste entreprise qui prendrait plusieurs années. J'ai déjà du arracher un ou deux pieds de lonicera devenus trop exubérants. C'est dire la vigueur de cet arbuste. Je n'incorpore pas de buis dans mes haies champêtres. Je les traite en isolé et je les taille en forme de boule ou au carré pour certains. J'emploie plus facilement le taille haie électrique plutôt que le thermique pour réaliser cette taille de formation.

Le temps passe vite et l'époque des boutures revient vite. Les boutures que je pratique sont à réaliser souvent  en automne. Si la bouture de troène est facile, celle du buis ne présente pas beaucoup de difficulté non plus. Pour constituer ma nouvelle haie, il me fallait beaucoup de plants. Celle-ci ayant une longueur de plus de cinquante mètres, faut pas rêver, ne serait pas installée en quelques heures. Il fallait prévoir la multiplication des plants les plus usuels et l'achat éventuel des plus délicats. Une autre variété de troène dont j'ai entrepris la multiplication, est une variété jaune : Le troène doré. Une variété qui met de la couleur dans une haie champêtre. Ces feuilles sont jaunes léchées de petites flammèches vertes. S'il juge que sa situation manque un peu de soleil, ce troène change l'aspect de ses feuilles qui redeviennent vert très clair, un vert «Fluo» Depuis la composition de ma haie, j'en ai fait des boutures pour constituer des sujets isolés; taillés en boule ou en ovale avec une allure très proche du naturel. Très facile à tailler, on doit quand même les rabattre trois fois par an, depuis que le climat a changé. Comme j'avais dans le milieu de mon terrain, une haie de troènes ordinaires, d'une longueur d'une vingtaine de mètres et avec des proportions gigantesques, cette haie étant devenue inutile de par son emplacement, j'ai entrepris de la déplacer pour constituer la nouvelle haie. À l'aide de la barre à mine, il fallut déterrer chaque pied et les transporter à l'emplacement de la nouvelle haie. Ces troènes ayant un âge probablement séculaire, pesaient plus de cinquante kilos par exemplaire. Pas un seul pied ne souffrit de ce voyage. Il faut dire que le troène est un dur à cuir. L'année d'après, mes différentes boutures de troènes, prirent leur place parmi ces géants, à intervalles réguliers. Dans le même temps j'avais entrepris des boutures de buis. Des boutures faciles, elles aussi, mais de croissance très longue. Ces boutures ne devaient pas vraiment servir à confectionner des haies, mais allaient constituer des sujets en isolés. Là aussi, ces arbustes sont taillés en boules ou en ovales. Le buis, c'est bien connu, pousse très lentement et se contente d'une seule taille par an. C'est ce qui a fait l'objet de sa redécouverte par le public, lassé de subir le spectacle répétitif des ces haies tirées au cordeau et dont la taille nécessite des moyen supérieurs à la simple cisaille à haie. Des haies que les écologistes ont qualifiées de «béton vert», par analogie aux grands ensembles de banlieue, qui ont fini par constituer ces zones de non-droit, fustigées et dénoncées par la police, qui se tient pourtant à l'écart de ces lieux de délinquance. Le buis qui avait une silhouette très passéiste auprès de beaucoup de gens, a reconquit la faveur du public pour plusieurs raisons. D'abord la taille des nouveaux jardins a diminuée. Ensuite l'entretien des conifères réputés toujours verts (Atrovirens) a rapidement lassés les nouveaux propriétaires de tous ces lotissements, que les promoteurs ont proposés aux futurs accédants à la propriété. Ensuite, et c'est certainement la plus importante, la mode du topiaire, remise au gout du jour par les stylistes et les professionnels, est entrée en adéquation avec les nouvelles aspirations du public en matière de jardinage. 

A l'ombre d'un cerisier à fleurs, des buis taillés en boule et des iris. Le tout maintenu en place par de nombreuses pierres calcaires.

Bon week end

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