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«Amarante Queue De Renard»
Bonjour
22°C hier! Les températures sont en baisse. Pratiquement pas de soleil. La plaine est triste. Néanmoins, la moisson est commencée. Comme il n'a pas plus depuis trois jours (un record, par ici) les moissonneuses-batteuses peuvent séparer plus facilement le grain de la balle. Maintenant que les moissonneuses sont rentrées à la maison, car la rosée est tombée, on va pouvoir parler de l'époque des batteuses; une époque révolue à jamais. Alors que tous les champs étaient déchaumés et les récoltes rentrées dans les greniers, dans les villages on voyait, alors, passer un attelage fort surprenant. Un très gros et très puissant tracteur, remorquant une grosse batteuse, suivie de la presse à paille, démesurément longue et une remorque à deux roues qui fermait le convoi. Immédiatement, devant ce spectacle bruyant et fumant, nous cherchions à savoir quelle ferme allait accueillir la batteuse. Car cela allait le plus souvent durer toute la journée, tant la récolte engrangée dans les tasseries, était abondante. On entendait, alors, toute la journée le gros rond-rond du batteur de la batteuse. Un ronronnement qui devenait entêtant à la longue. On avait ôté le capot qui protégeait le gros volant du tracteur; une immense courroie reliait le tracteur à la grosse poulie de la batteuse; d’autres courroies reliaient les poulies de la presse à paille. Il fallait un personnel considérable pour faire fonctionner tout cela. Certains parlent qu'il fallait embaucher pour la journée au moins une quinzaine de personnes. Dans les greniers, cette fois, ce sont des hommes qui dirigent les gerbes vers le haut de la batteuse; il fait moins chaud sous les toitures d'ardoises, en ce début d'automne. Avant que la gerbe ne soit avalée par la batteuse, un commis coupe la ficelle et deux autres veillent à la bonne répartition de ce chaume qui n'a pas encore craché son grain. À l'autre bout de la batteuse, sort alors, la paille séparée de ses grains; une paille qui va être dirigée vers la presse. Une presse qui va fabriquer de gros ballots très compacts. Des ballots qu'il va falloir stocker immédiatement. Là aussi beaucoup de monde s'active avec rapidité et efficacité; car la machine n'attend pas. Et le grain, me direz-vous, que devient-il dans tout çà. Hé bien, il faut aller voir à l'avant de la batteuse; là où des goulottes délivrent le grain nouvellement battu et séparé de la balle et de ses poussières. De gros sacs de toiles en jute se gonflent de joie, à l'idée d'accueillir ce qui composera bientôt notre pain quotidien. À ce poste beaucoup de monde, car il faut débarrasser, rapidement, chaque sac plein de près de 100 kg de cet or issu de la moisson. Pour cela deux solides gaillards soulèvent chaque sac et le déposent sur le dos d'un troisième, souvent maigrichon, qui repart avec ce chargement en cahotant et même parfois, en fin de journée, en titubant, tant il a fallu tout au long de ce jour, faire usage d'une potion magique (Calva) pour tenir le coup. Les conditions de travail étaient effroyables pendant ces journées dans la poussière, la chaleur et la sueur. Cette journée étaient souvent dramatique pour la population des rongeurs qui squattaient, depuis la moisson, cette fabuleuse réserve de nourritures. Tous les chiens et les chats du quartier, indifférents à tous ce bruit, à toute cette agitation, se ruaient sur ces individus qui atteignaient parfois la taille d'un chat, tant ils s'étaient, malhonnêtement engraissés aux dépends des moissonneurs. Au soir de cette rude journée, les employés se voyaient convier à partager le repas des fermiers, dans la même ambiance que le jour des moissons. C'était vraiment une longue histoire et une grande entreprise que le temps de ces moissons. Aujourd'hui, la récolte a toujours ce caractère très important et même, je dirai mythique, mais seules trois ou quatre personnes suffisent pour réaliser la même somme de travail, sur une seule journée. En cette époque de moisson, dans les jardins on s'active à récolter des graines, afin de réaliser les semis en 2022. Parmi ces fleurs, une plante est généreusement pourvue de graines, c'est l'amarante queue de renard. Sa couleur est bien évidemment rouge amarante. Ses longues inflorescences en guirlandes cramoisies ont bien l'aspect de la queue de notre voleur de poules héros du Roman De Renard. Cette plante qui peut mesurer plus d'un mètre, est comestible. Ses fleurs toutes petites sont disposées en épis et évoquent très bien l'époque des moissons qui nous occupe aujourd'hui.
Bon week end
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