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«Chicon»
Bonjour
Culture d'hiver; culture à contre-saison. Sur un plan économique, il est toujours intéressant de pouvoir disposer, pendant l'hiver, de légumes frais. Cette année les cultures de scaroles viennent tout juste de se terminer. Celles des frisées, aussi. Quand à la mâche, c'est une très mauvaise année. Du fait de la canicule et de la sécheresse, impossible de semer des mâches en juillet/août. Ces semis n'ont pu être réalisés qu'en septembre, une fois les pluies revenues sur nos contrées. Mais c'était sans compter sur les invasives et les mauvaises herbes. Celles-ci retenues en prison grâce à la sécheresse de l'été, une fois libérées par les premières pluies d'automne, elles ont rapidement recouvert les semis de mâches. 30 cm d'invasives en tout genre qui ont englouti ces malheureuses petites salades. Point de doucette ou de galinette pour cet hiver. Comme toujours, les mauvaises herbes poussent beaucoup plus vite que les semis de légumes. Sur les étals le prix des légumes augmente en fonction de la rareté de ceux-ci, chez les producteurs. Dans mon jardin, il subsiste encore des légumes à récolter. Quelques choux raves et des pieds de bettes (ou de blettes). Pour l'instant les condimentaires résistent bien à cette vague de froid et de brouillard. Cette année pas d'endives. La canicule n'a pas permis de les semer au début du printemps. Il faut semer de bonne heure si l'on veut récolter de beaux chicons au mois de novembre. Les endives sont pourtant très faciles à cultiver. Un légume très connu sur les étals en ce moment. La Belgique ne nous a pas seulement offert Jacques Brel et Johnny Hallyday, mais nous a fait aussi découvrir cette spécialité, qui va ravir nos crudités tout au long de l'hiver. Seule la place occupée par cette culture peut décourager les propriétaires de petits jardins. Car il faut mettre plusieurs routes en culture, si l'on veut disposer de chicons tout au long de l'hiver. Cette chicorée, car c'est une salade, se sème au printemps, parmi le bataillon des nombreuses essences potagères à mettre en place en mai. On la sème assez clair, car il va falloir la dédoubler, par la suite, pour ne garder qu'un plant tout les dix centimètres. Je préfère semer cette chicorée Witloof comme mes autres salades. C'est à dire sur cubes, pour les repiquer ensuite. Cela évite les trous dans les rangs de culture, car la graine est de plus en plus souvent dévorée par des invités forts indélicats. Je repique donc ces plants bien formés à raison de 10 plants au mètre sur des routes espacées à 30 cm. Il faut éviter un sol trop riche en azote, car la chicorée de Bruxelles va alors développer de trop grandes feuilles au détriment de la taille des racines. Fin octobre je commence à arracher ces racines, que l'on garde au sec pendant environ une semaine. Comme je dispose d'une cave totalement étanche à la lumière, je pratique la culture sur substrat dans l'obscurité totale. Donc je prépare les racines habillées à 20 cm, après avoir raccourci les feuilles à 4 cm. Je place ces racines dans de grands pots de plastiques noirs garnis de tourbe. On peut aussi utiliser du sable, mais la tourbe est beaucoup plus légère. Comme il va falloir descendre tout ce petit monde à la cave, autant ne pas solliciter abusivement le concours de ses vertèbres. Une fois entreposés sur le lieu de leur épanouissement, il faudra bien arroser le contenu de ces pots de plastique, qui doivent faire plus de 20 centimètres de haut. Il ne reste plus qu'à attendre que ces demoiselles nous gonflent un gros bulbe teinté de subtiles nuances de jaune. «La Perle du Nord» pour ceux qui connaissent. Je descends en cave environ 20 grosses racines, tous les dix à quinze jours. Mais il faut compter avec certains aléas. Des racines trop petites; des racines qui ne donnent aucun chicon; des racines qui pourrissent sur place. Mais rassurez vous, avec un minimum d'expérience, on arrive à échapper raisonnablement à toutes ces péripéties. In! Tisaute!
A demain et bon dimanche
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