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«Doucette»
Bonjour
Bien qu'il fasse toujours aussi mauvais sur notre plateau du Tlelle, il va bien falloir solder les dernières plantations potagères de cet hiver finissant. Demain c'est le printemps et le potager se doit de faire «Propre sur lui». Il faut arracher les derniers poireaux; du moins ceux qui ont résisté à la mineuse. Les derniers choux et les derniers navets; s'ils ont survécu aux gelées disparates de cet hiver complètement déjanté. Et s'il en est une qui passe allègrement l'hiver sans dommage, c'est la doucette; la mâche voulais-je dire. Donc la doucette c'est la mâche , et vice-versa, une petite salade que l'on peut trouver gratuitement dans la nature. La doucette, c'est l'autre nom de la mâche. La mâche, cette salade des mauvais jours de l'hiver. Comme elle résiste très bien au froid, la mâche devient un plat de crudité précieux durant la mauvaise saison. Alors que les salades traditionnelles de l'automne, telles que les chicorées frisées et les scaroles, ont rempli leur mission et ont toutes été récoltées, les mâches offrent, alors, leurs petites rosettes et leur saveur délicate. La culture de la mâche passe pour être facile, car elle est souvent pratiquée à la suite d'une autre récolte. Comme les échalotes, oignons, ails et aussi pois, fèves et haricots de semis précoces. Semée le plus souvent en été, sa levée n'est pas toujours évidente. Sa germination peut être perturbée par les fortes chaleurs. Elle ne refusera donc pas un emplacement dans le potager qui bénéficie d'une ombre passagère pendant quelques heures dans la journée. Elle peut être semée sous le couvert d'autres plantations, comme les tomates, par exemple. Les planches des choux offriront leur ombre et leur fraîcheur qui favorisera la levée de notre doucette. On la sème sur une terre propre et fine mais seulement légèrement travaillée en surface. Le semis assez clair sera plombé, comme les semis de radis. Je l'ai souvent semé avec d'autres légumes, comme les laitues d'automne, les radis. Une fois, ces spécialités potagères récoltées, les rosettes de ces doucettes peuvent étaler leurs petites feuilles plates de saveur délicate. Je pratique aussi le semis sur cube, car en été le potager peut être embouteillé par les semis et les plantations à contre-saison pour l'automne et l'hiver. Une fois ces semis levés, en automne, je les dispose en ligne dans les parcelles du potager libérées de toute culture. Je sème aussi en serre, à la fin de l'été, car la forte chaleur des serres est néfaste à sa levée. Les hivers étant de moins en moins rigoureux, je sème une variété d'automne comme la «Mâche à grosse graine». Dans les années 50, on pouvait se procurer, en septembre-octobre, de la mâche dans les champs de céréales qui n'avaient pas encore été déchaumés. La faible mécanisation de l'agriculture de l'époque obligeait les agriculteurs à pratiquer ces travaux tout au long de l'automne. Aujourd'hui, début août, une fois la paille ramassée, après le passage des moissonneuses, d'énormes tracteurs équipés d'énormes outils, déchaument, hersent et sèment immédiatement. Début septembre les colzas sont semés, ainsi que les blés d'hiver et les escourgeons. Ainsi, toute la plaine est verte de tous ces semis qui vont venir enrichir la moisson de 2021. Mais, aujourd'hui, après tout ce remue-ménage, plus de place pour notre pauvre petite doucette.
À demain
Les carnets de Jules Hostouley
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