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«Indésirables»
Bonjour
Une belle journée qui commence. Du travail dans le jardin en perspective. Ces pluies dignes de la mousson et maintenant le beau et chaud soleil qui réchauffe tout cela, provoque une flambée de croissance parmi toutes nos plantations. Quelles soient potagères ou d'ornements. Tout cela est bien, mais les invasives ont droit aussi à ce surcroît d'énergie. Elles ne s'en privent pas et commencent à faire de l'ombre aux plantations potagères et annuelles. Il va falloir se mobiliser et sortir binettes, serfouettes et sarcleuses afin de trancher la tête à toutes ces herbes indésirables. Dans le potager, comme dans toute la nature, la mort règne en maître. C'est cruel! Mais c'est ainsi, que voulez-vous! Il faut les voir ces herbes de mauvaise réputation s'agripper à la terre nourricière. Elles ont chacune leur méthode pour se soustraire à l'impitoyable faucheuse. L'ortie vous inocule un venin non létal mais vivifiant selon les rhumatisants. Le gaillet grateron vous encercle les jambes façon boa et s'accroche en mode velcro à tous vos vêtements. Le liseron perfide serpent lui aussi, s'ingénie à étouffer toutes les jeunes plantations, tout en vous séduisant avec une très belle floraison blanche. Le chardon armé de flèches très douloureuses vous oblige à porter gantelets et gouges à asperge, tant ses racines plongent profondément dans notre terre nourricière. Il ne faut surtout pas le laisser mener à fruit sa floraison, sinon c'est l'invasion l'année prochaine. Le très diurétique pissenlit que certains ne voient que par les racines, aura lui aussi, déjà ensemencé, autant en emporte le vent, une terre fertile afin de repeindre en jaune votre gazon dans les années futures. Après avoir méthodiquement éradiqué ses profondes racines, les feuilles dentelées de cette «dent de lion» vous fourniront une délicieuse salade. Même les pensionnaires du clapier en font un de leur met favori. Le galinsoga recouvrira rapidement toutes vos cultures en émettant des milliards de minuscules graines. Méfiez-vous c'est un pervers, il n'interviendra qu'en juin, afin de vous prendre au dépourvu. Néanmoins il est comestible. Le bouton d'or cette renoncule qui se déplace par stolons, telle une araignée, investira durablement vos planches de fraisiers. Lorsque vous arracherez impitoyablement cette «fleur de beurre» prenez garde de ne pas extirper le pied de fraisier qui l'a imprudemment et si généreusement hébergé. Le mouron blanc, à la faveur de l'humidité, se faufilera dans toutes vos plantations. Ce révélateur d'un sol trop riche en azote, est comestible et les poules en raffolent. Malheureusement cette liste n'est pas exhaustive; il existe encore plein d'autres invasives que je détruit quotidiennement et dont j'ai oublié le nom. Si d'aventure vous les rencontrez, n'oubliez pas, s'il vous plait, de me communiquer leur identité. Je vous en prie! Faites cela comme si c'était un ordre....
Bonne semaine
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