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«Pellet»
Bonjour
L'hiver avec son cortège traditionnel de froidure et d'humidité est toujours propice à l'industrie du chauffage. Cinq grandes sources d'énergie sont proposées aujourd'hui. Tout d'abord les plus traditionnelles comme le bois de chauffage et le charbon. Le bois de chauffage a été très longtemps la première source de combustible à la ville comme à la campagne. Depuis plusieurs siècles le charbon est bientôt venu le seconder; surtout en ville. Dans les années 50/60 avec la généralisation du mazout comme combustible domestique et l'arrivée dans les cuisines du propane et du butane, le bois de chauffage est véritablement tombé en disgrâce. Emporté par la vague de modernité à tout crin, se chauffer au bois était, dans ces années là, devenu complètement «Ringard» Il n'y avait plus que les cultivateurs qui continuaient à utiliser le bois produit par leurs haies et leurs propriétés boisées. Le public, à l'époque, était même devenu méprisant vis à vis des populations agricoles. Cela a bien changé depuis; fort heureusement. Il suffit de se souvenir des différents épithètes forts disgracieux et souvent insultants adressés vers ces populations pourtant si laborieuses et si sympathiques. Il faut bien reconnaître que la transformation profonde du monde agricole dans les années d'après-guerre a entraîné un exode massif vers les villes, de ces populations souvent composées de salariés agricoles. Il était plus gratifiant de faire visiter son HLM tout neuf, dans des banlieues toutes neuves, doté de tout ce confort inconnu dans les campagnes, que de continuer à subsister dans de pitoyables masures paysannes avec WC sur cour. Dans le début des années 60 se chauffer au bois sentait alors encore fortement la pauvreté. Il fallut attendre le bouleversement des idées en 1968 pour voir évoluer cette mentalité. Les jeunes aux cheveux longs et aux idées courtes, comme on disait à l'époque, ont véritablement mis sens dessus dessous toutes les certitudes de cette société pourtant bien installée dans la modernité. Dans les années 70, la redécouverte des modes d'existence plus traditionnels changea le regard du public vers la vie à la campagne et de ses usages. Dans les nouveaux pavillons neufs destinés à un large public qui accédait avec bonheur à la propriété, posséder une cheminée à bois était tout simplement devenu «Tendance» pour employer une formule qui n'était pas encore à la mode à l'époque. Celui qui continuait à se chauffer avec son chauffage au mazout, passait pour un citoyen un peu démodé. Les années «Formica» étaient dès lors bien finies. Il faut dire que le premier choc pétrolier a été pour beaucoup dans le retour en grâce de moyens de chauffage beaucoup moins onéreux. Le bois profita pleinement de ce renouveau et est devenu le mode de chauffage préféré de près d'un quart de la population Française. Aujourd'hui avec la crise énergétique et la crise climatique, le tout saupoudré des cendres de la guerre en Ukraine, un nouveau venu s'est considérablement développé auprès d'un public étranglé par les tarifs prohibitifs des produits pétroliers et de l'électricité. Il s'agit des granulés de bois; souvent appelés «pellet». Une fois de plus, on s'est fait refiler un terme d'origine anglo-saxonne; Un anglicisme comme l'on dit dans les milieux littéraires. Evidemment la langue française est le plus souvent plus longue à exprimer une pensée, ou à décrire un objet. Nos amis et voisins Anglais sont bien plus rapides et beaucoup plus concis dans leurs propos. On aurait très bien pu appeler ces nouveaux produits de chauffages des «granulés». Mais des granulés de quoi, me direz vous? Il en existe de toutes sortes et pour les usages les plus divers. Il aurait fallu rechercher la collaboration d'une éminente organisation aux membres très respectables revêtus de «l'habit vert», afin de trouver un nouveau terme pour désigner un combustible propre, moderne et peu onéreux. Peu onéreux, c'était avant! Mais avec la crise, comme la vérole sur le bas clergé Breton, la spéculation s'est déchainée sur les pauvres économies d'un public déjà terrifié par les prévisions les plus funestes d'une caste politique, elle-même aux abois. Malgré l'augmentation honteuse et spectaculaire de ces petits granulés de bois, le coût de ces nouveaux produits de l'industrie du bois demeure encore compétitif.
Bonne journée
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